Sécurité : Droits, Ethique et société

La sécurité figure comme l’une des priorités de nos sociétés démocratiques. Le contexte international actuel, amplement dominé par la lutte contre le terrorisme, se voit marqué par une expansion dans le cyberespace des technologies qui permettent d’accentuer des phénomènes de traçabilité, de transparence et de suivi des activités des individus. Quelles sont les conséquences éthiques, juridiques et sociopolitiques de l’expansion de ces innovations technologiques ? Comment appréhender de façon méthodologique la relative faiblesse des débats autour de l’expansion de la normativité de la cybergouvernance qui vise à identifier les individus dans leurs espaces de travail et de production, leurs déplacements, leurs communications ou leurs navigations sur Internet ? Comment peut-on l’interpréter d’un point de vue éthico-politique, mais également sous l’angle socio-anthropologique ? Quelle conception de l’identité se trouve sous-tendue par les dispositifs technologiques de la sécurité ? Dans quelle mesure, enfin, le déploiement de ces dispositifs peut mettre en question quelques fondements de la démocratie à l’heure où l’exceptionnalité tend à devenir la règle ?

La sécurité apparaît également comme un impératif global dans les différents systèmes juridiques. La tendance est au renforcement des obligations (juridiques) de sécurité qui s’imposent aux différents acteurs, tout particulièrement dans le champ des technologies de l’information, qu’il s’agisse de sécuriser l’accès à Internet, de sécuriser les œuvres par des mesures techniques ou de sécuriser les traitements de données personnelles. Dans ce contexte, les problématiques de recherche identifiées peuvent s’organiser autour de la thématique de la conciliation comme enjeu majeur de la régulation de l’usage des technologies. Il s’agit notamment de la conciliation :

  • entre droit et technique
  • entre différents droits fondamentaux, le droit d’auteur et le droit à la protection des données
  • personnelles lorsque celles-ci sont traitées pour lutter contre la contrefaçon par exemple
  • entre liberté de circulation, citoyenneté d’une part et gestion des identités et frontières numériques d’autre part.